25 juin 2010

Le plus grand musicien du XXème siècle









Igor meets Edgar, une photo découverte dans un livre probablement publié par Hachette (courtesy Joe Stagliano).

La troisième livraison du Rondo Hatton Report, mise en ligne le 21 juin, conforte la thèse qui voit en Frank Zappa le fils spirituel d'Igor Stravinsky.

Dans son article "Pourquoi vouloir mettre un caniche dans un bocal?", le français John Raby définit en ces termes la méthode inventée par Stravinsky et adoptée par Zappa pour composer de la musique : "utiliser avec distance des codes stylistiques préexistants pour les pervertir, les ouvrir, les décoder sur une nouvelle ligne de fuite, inédite". Dans "Cruisin’ for a Ruben", l'anglo-japonaise Sue Barashy confirme cette filiation en citant Zappa : "Il y a une raison très scientifique à l'existence de Ruben and the Jets. Le parallèle le plus fin qu'on puisse dresser entre cet album et un autre événement à effet artistique qui proviendrait d'un autre domaine des arts est le moment de sa carrière où Stravinsky a décidé d'écrire de la musique néo-classique. Il a commencé à faire des trucs comme Pulcinella, c'est-à-dire à écrire de la musique de son temps mais en utilisant des formes qui étaient complètement passées de mode et dont l'establishment universitaire réprouvait l'usage." Dans la livraison de mars 2010, Didier Mervelet, dans son article "The Art of the Ballet", soulignait déjà l'importance chez Zappa du genre musical dont Stravinsky fut un infatigable illustrateur. Il faut se rendre à l'évidence : Zappa est le continuateur de Stravinsky et leurs deux œuvres jointes forment un ensemble homogène qui recouvre à peu près toutes les formes d'expression musicale du XXème siècle. Si Stravinsky vivait toujours, il ferait du rap.

27 mai 2010

Repéré, le grand gars avec un gros nez, une grosse moustache et une Gibson SG entre les mains...







Conception de l'affiche à l'arrache : Christophe Jacquinet (merci, vieux). La photo de Zappa à Paris en 1977 est extraite du magnifique album publié par Christian Rose et Philippe Thieyre aux Editions Parallèles en 2003. Il doit encore être possible d'en trouver un exemplaire dans un recoin de la librairie du même nom.

La musique de Zappa va retentir au Triton pour la troisième fois en un an et demi et le programme de ce samedi 5 juin est d'une brûlante actualité.

Faut-il encore présenter LiLo, probablement le seul guitariste au monde à jouer Zappa seul sur scène, lancé par les Fils De l'Invention en 1997 sur la Guinguette Pirate à Paris ? Nous renvoyons les anglophiles à l'interview récent qu'il a accordé à Peter de United Mutations, ainsi qu'à la page qui lui est consacrée dans le programme de la prochaine Zappanale. Tant que vous y êtes, jetez donc une oreille sur la musique de son groupe actuel, Later That Night – attaquez directement sur Worry No More, yeah.

Le vendredi 13 août prochain, tout là-haut vers Rostock, Lionel ouvrira donc, à midi, sur la grande scène, la vingt-et-unième édition de la plus belle manifestation organisée à la mémoire de Frank Zappa et de sa musique. En prélude de cette consécration exemplaire, un passage au Triton, qui s'affirme désormais, grâce à nos efforts et au soutien indéfectible de l'équipe de la salle des Lilas, comme un haut lieu de la scène Zappa en Europe… un passage au Triton, donc, s'imposait. LiLo n'avait plus joué son show Zapmosphères depuis ses mémorables prestations de juillet 2008 à Paris. ll y a déjà quelques semaines, il nous racontait, enthousiaste, comment, en commençant à préparer la soirée du 5 juin, et malgré toutes ses craintes, il avait presque instantanément retrouvé ses sensations de stunt guitarist. Nous n'avions aucun doute à ce sujet.

Ce même 5 juin, nous ne serons pas mécontents de retrouver nos vieux amis du Nasal Retentive Orchestra (NRO). Son fondateur Christophre Delbrouck a jeté l'éponge, remplacé par Stéphane Gacioche à la basse. Mais les cinq autres membres de la dernière mouture du groupe, qui nous avait enchantés en 2006 sur la scène de Canal 93 à Bobigny, seront bien là et ravis de faire leur retour sur une scène parisienne, regroupés sous le patronage involontaire d'une marque de lessive de la multinationale Henkel. Leur concert nous permettra de découvrir, en avant-premère, des extraits du conte pour adultes qu'ils sont en train de monter. Son titre, Le Développement du Rat Bleu, indique qu'ils n'ont rien perdu de la verve sarcastisque qui caractérisait le NRO. Bien sûr, ils joueront aussi du Zappa. Et, comme il se doit, entre deux interventions hilarantes au micro, Jeff Marschalle nous décochera quelques putains de solos de guitare – check Boudha Gouda.

La vente de vinyls de Zappa ayant, par deux fois, rencontré un fort succès, nous renouvellerons l'opération le 5 juin en l'élargissant à un très beau lot de disques, essentiellement du rock, piochés dans la discothèque personnelle du Prez Jeunot, qui continue, depuis son box du Colombarium du Père-Lachaise, de soutenir l'action des Fils De l'Invention.

Signalons pour conclure que cette soirée Zappa s'inscrit dans le cadre plus large de la huitième édition du festival Les Tritonales et qu'il ne nous est pas désagréable de partager l'affiche avec Magma.

Une dernière chose : parcourant des pages myspace, nous avons eu la désagréable surprise de tomber nez à nez, à plusieurs reprises, avec le lien sponsorisé "Scientology Today". Nous ne le dirons jamais assez fort : gare à la menace totalitaire des myspace, youtube, facebook et autres entreprises néo-libérales du même tonneau !
Dans la merde, on n'a plus d'amis.

13 mai 2010

Une belle image de circonstance























A contempler en méditant les derniers vers de Jesus Thinks You're A Jerk :
"
Et si vous n'avez toujours pas pigé
Que je vous dis la vérité
Alors, c'est sûr, je ne sais comment, j'ai échoué –
Et, tout comme vous, Jésus me prendra pour un con –
Si vous laissez les télévangélistes
Se payer à tous votre tête,
J'ai dit :
"Jésus vous prendra pour des cons"
Et ce sera correct !

Au pays du coton
Il y a une vieille croix solide –
Elle brûle encore sur la pelouse de quelqu'un
Et dégage toujours la même odeur putride.

Jim et Tammy !
Oh ! Les amis !
Il faut partir !
Il faut vraiment y aller! "

Pour le plaisir :

12 mai 2010

On vous avait prévenus


























Pour plus d'infos, voir en haut à droite.


Meanwhile, on vous conseille
ça
et on n'oublie pas
The Indian of the Group.

06 avril 2010

Reprise des hostilités



























Le show teigneux que nous prépare les Arf! pour le lundi 12 avril au Réservoir, où ils ont été invités par
les rockers parisiens du GL Band, est un signe qui ne trompe pas : la saison sera saignante.

Nous gardons le souvenir ému d’un concert de Jérôme Attal au Réservoir, il y a quelques années déjà. L’ambiance, l’accueil, les conditions dans lesquelles se déroulait le spectacle, sans oublier la sympathique prestation déjantée mais talentueuse du susnommé, nous avaient enchantés. C’est avec grand plaisir que nous retrouverons la salle de Mary de Vivo, au 16 de la rue Forge Royale, à quelques blocs du tumulte de la place de la Bastille. Mary peut accueillir jusqu’à 400 personnes et le prix d’entrée de ce double-concert, 12 euros incluant une conso, nous apparaît parfaitement raisonnable.


Le Réservoir est une belle étape pour Arf!, le rockin’ teenage combo animé par Sylvain Frey. C’est en juillet 2007, dans une salle de répétition de la banlieue parisienne, que nous avons entendu pour la première fois ces musiciens non-professionnels, tous tributaires d’un day-job. Nous avions été alertés par notre vieux camarade Jean-François Devanneaux, qui était alors le batteur du groupe. Jean-François, Sylvain (guitare), Joël Savdié (basse), José el Migu (saxs) et Mathieu Marchal (voix et sax ténor) ne s’appelaient pas encore Arf! mais cela faisait déjà un bon paquet de soirées qu’ils s’étaient lancés dans l’aventure téméraire de jouer la musique de Zappa. L’idée tout aussi téméraire de monter sur scène commençait à les chatouiller. Nous étions décidés à les soutenir.

Un an après cette première rencontre, le 5 juillet 2008 exactement, ils avaient trouvé un nom et un nouveau batteur, Pierre-Yves Ohayon, recruté la multi-instrumentiste Ana de La Perrière (claviers et sax soprano) et enthousiasmaient le public du Passage vers les Etoiles, à l’occasion d’un étourdissant week-end de zappologie et de musique organisé par les Fils De l’Invention à Paris. Les solos de Sylvain, le culot de Mathieu au chant et la cohésion du groupe, son énergie joyeuse et communicative avaient fait mouche.

Depuis ce premier concert, les Arf! se sont tranquillement imposés, avec les Peach Noise de Charly Doll et d
e Nicolas Mingot, comme un des groupes les plus actifs de la scène Zappa en France. Ils ont fait tanguer à deux reprises la Péniche Antipode du côté de la Villette et le 13 novembre dernier, ils chauffaient à blanc et à guichets fermés la salle du Triton aux Lilas (photo Gérard Frey), engagés une nouvelle fois par les Fils De l’Invention. Le trompettiste Robin Dhote avait alors rejoint leurs rangs et c’est donc avec une section potentielle de quatre souffleurs qu’ils officient désormais.

Un conte de fées, en quelque sorte. Certes, en quelque sorte. Mais il nous semble utile, en ce début de saison, de rappeler les conditions difficiles dans lesquelles travaillent tous les groupes qui ont fait le choix de jouer la musique de Zappa : si, comme Peach Noise, ils sont formés de professionnels, ceux-ci savent qu’ils ne pourront jamais vivre décemment de cette activité, même s’ils remplissent les salles où ils jouent; s’ils sont amateurs, comme c’est le cas de Arf!, leurs membres devront jongler en permanence entre leurs impératifs respectifs de survie et la nécessité de se retrouver régulièrement et sans interruption pour répéter le plus ardu,
de très loin, des répertoires du rock. L’action des Fils De l’Invention, depuis quasi-quinze ans (une pensée pour ce lâcheur de Jeunot), a été décisive dans la diffusion de la musique de Frank Zappa en France. Nous sommes fiers d’avoir permis l’éclosion d’une scène vivace, et reconnue. Mais sans la détermination, le dévouement et le talent des musiciens qui l’ont fait vivre, rien n’était possible. Merci donc à Christophe Delbrouck pour le NRO, à Jon Pontier pour les Wazoos parigots, à Patrice Colet et toute la bande des musiciens niçois des Children of Invention, à Jacques Miallion et aux choristes de DBRK, aux artilleurs de Peach Noise.. à Marie Madame, tiens, les p'tits gars du Nord qui avaient joué pour nous sur la Guinguette Pirate en 1997... à LiLo (ex-Lionel Loshouarn), qui ouvrira le 13 août prochain la vingt-et-unième Zappanale... et bien sûr à Arf!

Au fait, et ce fameux concert du 12 avril ? D’abord : merci à Christine Poulain, l’organisatrice de l‘événement, qui est une familière du Réservoir. Grande fan de guitare saturée, Christine a monté cette soirée pour soutenir la sortie du nouveau cd de ses amis du GL Band, un groupe parisien qui évolue solidement dans le domaine du « classic rock » et que les habitués du Hard Rock Café connaissent bien. Christine avait été conquise par le concert de Pe
ach Noise au Triton en juin 2009. A la différence de la plupart des programmateurs de salles parisiens, elle a entrevu le potentiel artistique et populaire de la musique de Zappa. Elle souhaitait s’associer à nos aventures, c’est chose faite. Signalons enfin que, pour honorer ses hôtes du GL Band, Arf! a pris soin de mitonner un set adapté à cette soirée rock 'n' roll. Du Zappa saignant, quoi.

Bickford
Update. Un fâcheux dérèglement spatio-temporel nous a empêché de vous signaler à temps un événement exceptionnel : la présence à Bordeaux pendant quatre jours, du 17 au 20 mars, du grand cinéaste d’animation américain Bruce Bickford, qui fut plusieurs fois associé au travail de Frank Zappa. Montées par l’organisation underground monoquini, ces rencontres avec un des spécialistes les plus originaux de la pâte à modeler animée furent un succès et le samedi 20, la salle était comble pour la diffusion de CAS’L', la dernière oeuvre du maître.

25 janvier 2010

Le Caniche Enragé vous informe



















Notre
ami Rick de Bordeaux nous réjouit avec une fantastique série de flyers plus torrides les uns que les autres, annonçant l'expo qu'il a monté en ses terres avec deux camarades érotomanes. Le vernissage du 2 février vaut certainement le déplacement.

Dans le foulée de son excellent concert de novembre dernier au Triton, ARF ! investit le 4 février la désormais bien-connue péniche Antipode, où ils ont déjà joué, ainsi que Peach Noise.

Mathias Dufil, alias La Donation (guitare improvisée et field recordings), et Emmanuel Ferrand, alias ana-R (78 tours, vieilleries analogiques et found footage k7), seront le 5 février au Chiquito, où se produira également La Foule (livre Anck pee/david Tibet_guitare, chant et field recordings). Nous vous reparlerons bientôt de Mathias et Emmanuel, qui sont des contributeurs essentiels de la compilation de nouvelle musique française montée en trois mois par le Caniche Enragé.

Jonathan Pontier, qui fut un conférencier enthousiaste doublé d'un improvisateur aguerri lors de notre conférence internationale de juillet 2008, est ausi un compositeur prolifique. Sa nouvelle création, Territoires de l'âme, est présentée en première mondiale le 26 janvier à Mulhouse et se déplacera ensuite à Montbéliard (23 mars), Metz (31 mars), Evry (9 & 10 avril) et Cachan (26 mai).

On aurait voulu vous parler de la dernière livraison du ZFT, Philly 76, mais nous n'avons vraiment rien à en dire. Business as usual, peut-être.

05 janvier 2010

Meilleurs voeux de survie pour les cinquante prochaines zannées !
















Erotomane confirmé et zappaphile distingué, l'artiste bordelais
Richard Biardeau nous a prêté une belle image pour attaquer en douceur la décennie qui vient et s'annonce comme celle du spectacle triomphant. Un grand moment, à coup sûr, dans l'histoire de l'humanité, à condition, bien sûr, qu'il en reste encore une, d'histoire, après le Grand Lessivage. N'oublions pas, cependant, les mots du poète : "It"s so FUCKING GREAT to be alive !". Et partageons joyeusement, en passant, une pensée pour notre vieux pote Jeunot, qui fume, tranquille, son clopos au Colombarium du Père-Lachaise.


A venir : un compte-rendu de la nouvelle livraison du ZFT, "Philly 76", et un point détaillé sur le programme de la prochaine Zappanale, déjà bien étoffé.


En bonus, un blog que nous venons de découvrir et qui ne manque pas de ressources. C'est en espagnol mais, c'est connu, l'amour ne connaît pas de frontières.