Igor meets Edgar, une photo découverte dans un livre probablement publié par Hachette (courtesy Joe Stagliano).
La troisième livraison du Rondo Hatton Report, mise en ligne le 21 juin, conforte la thèse qui voit en Frank Zappa le fils spirituel d'Igor Stravinsky.
Dans son article "Pourquoi vouloir mettre un caniche dans un bocal?", le français John Raby définit en ces termes la méthode inventée par Stravinsky et adoptée par Zappa pour composer de la musique : "utiliser avec distance des codes stylistiques préexistants pour les pervertir, les ouvrir, les décoder sur une nouvelle ligne de fuite, inédite". Dans "Cruisin’ for a Ruben", l'anglo-japonaise Sue Barashy confirme cette filiation en citant Zappa : "Il y a une raison très scientifique à l'existence de Ruben and the Jets. Le parallèle le plus fin qu'on puisse dresser entre cet album et un autre événement à effet artistique qui proviendrait d'un autre domaine des arts est le moment de sa carrière où Stravinsky a décidé d'écrire de la musique néo-classique. Il a commencé à faire des trucs comme Pulcinella, c'est-à-dire à écrire de la musique de son temps mais en utilisant des formes qui étaient complètement passées de mode et dont l'establishment universitaire réprouvait l'usage." Dans la livraison de mars 2010, Didier Mervelet, dans son article "The Art of the Ballet", soulignait déjà l'importance chez Zappa du genre musical dont Stravinsky fut un infatigable illustrateur. Il faut se rendre à l'évidence : Zappa est le continuateur de Stravinsky et leurs deux œuvres jointes forment un ensemble homogène qui recouvre à peu près toutes les formes d'expression musicale du XXème siècle. Si Stravinsky vivait toujours, il ferait du rap.
1 commentaires:
Cette photo fait partie de la Collection Edgar Varese de la fondation Paul Sacher à Bâle.
http://www.artaujourdhui.info/Taos/Img/chapeau5268
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