27 mars 2009

El rock como movilización para la disidencia politica

Nous serons à Barcelone le 21 mai pour assister au concert du Filthy Habits Ensemble.


Animée par le compo-siteur et saxophoniste El Pricto, cette formation rassemble pas moins de quatre souffleurs et proposera une sélection d'instrumentaux inter-prétés dans le style de l'album "Orchestral Favorites". Le concert sera illustré par le vidéo-dj VjMongo, qui a conçu un mix incluant beaucoup d'extraits des travaux de Cal Schenkel et Bruce Bickford. Le "music office" Arco Y Flecha, qui accompagne en Espagne une belle brochette de musiciens de jazz et du rock d'avant-garde, est à l'origine du projet et ses responsables ne comptent pas en rester là. Nous espérons profiter de cette présence en Catalogne pour rencontrer les zappologues Manuel de la Fuente Soler et Nando Caballero. Il serait également intéressant d'entrer en contact avec Luis G, le boss du label de Valence Hall of Fame Records, qui vient de publier les huitième, neuvième et dixième volets de sa série Unmatched d'hommage des rockers espagnols à Zappa. La dixième livraison a été entièrement conçue par Caballero Reynaldo, une pointure de là-bas.

Samedi 21 mars, à la maison de Radio-France, nous avons enduré une interprétation désolante de The Dangerous Kitchen. Jamais la soprano Ana Maria Labin n'a approché, de près ou de loin, le Sprechgesang moqueur de Zappa, et sa prestation oscillait plutôt entre les vocalises de l'opérette et les mimiques du café-théâtre. Les stupides autant que médiocres arrangements "à la Synclavier" qu'on lui avait co
ncocté en fond sonore ne pouvaient pas arranger l'affaire – rappelons que dans la pièce originale, ce sont de vrais musiciens qui jouent derrière Zappa et que, loin d'être synthétique, l'accompagnement est très charnel. Bref, le contre-sens était total. Plus généralement, ce flop pose une nouvelle fois la question de savoir si toutes les pièces de Zappa sont réellement interprétables. On se souvient en effet d'un pénible Greggery Peccary dirigé en 2004 par Peter Eötvös, dans cette même salle Olivier Messiaen.

Ce ratage venait à la suite d'un consternant hommage au rock progressif imaginé et dirigé par René Bosc, le directeur artistique du festival Présences 2008-2009
qui s'achevait ce week-end là. Qui a envie d'entendre Close To The Edge de Yes glapi par la maîtrise de Radio France et illustré par une vidéo niaiseuse et prépubère ? Fut un temps où les musiciens de rock se ridiculisaient en composant de la musique dite classique – on pense irrésistiblement à Jon Lord et Rick Wakeman. Aujourd'hui, c'est l'inverse : complètement à court d'idées, nourris dès leur plus jeune âge à la mélassse post-moderne – pour eux, Jonny Greenwood est un héros –, les p'tits gars en baskets de la musique savante imaginent duper leur public en récupérant la variété rock internationale. Comme il se doit, pour une grande part, ils y parviennent.

S
oyons justes : ces deux après-midi d'immersion dans la musique sérieuse – car nous étions de retour sur zone le lendemain dimanche – nous ont également offerts de bons moments. Par exemple, le Frankenstein !! rigolo du compositeur suisse H.K. Gruber, composé à la fin des années 70, ou bien l'inquiétant Et je reverrai cette ville étrange du canadien Claude Vivier, poignardé à mort par un amant éventuel en mars 1983 à Paris. Le festival fut conclu en beauté par l'ensemble de percussions Sixtrum de Montréal, qui nous cloua au siège avec un putain d'extrait de 12 minutes des Pléiades de Iannis Xenakis, un jeune Grec qui monte, surtout depuis 2001.

Bonne nouvelle : nous apprenons que le Nasal Retentive Orchestra va bientôt reprendre le chemin des stades… pardon, des centres d'action culturelle. Son fondateur, Christophe Delbrouck, ne sera pas de la partie et, plutôt que de proposer un nouveau spectacle Zappa, les autres membres du groupe, qui ne manquent pas d'idées, pour le coup, se sont lancés dans l'écriture d'une espèce de comédie musicale. L'histoire tristement banale d'un rat pas comme les autres, bleu, qui, tout d'abord exclu, puis intégré par la mafia, finira, avide de pouvoir, par se perdre dans la politique. Premiers concerts à la fin de l'an
née.

Autre bonne nouvelle : George Duke se produira au Bataclan le lundi 25 mai. Nous envisageons d'organiser une fête en son honneur et vos idées sont les bienvenues. Son dernier album, "Dukey Treats", sorti en août 2008, est certainement le meilleur qu'il ait réalisé depuis longtemps. We love you, George.

Peach Noise joue ce soir à Paris, ne manquez pas les débuts au chant de Léonard Le Cloarec.


Julien Coupat a entamé le 16 mars son cinquième mois de séjour en prison, sans que rien ne soit toujours retenu contre lui.

12 mars 2009

Peach Noise sur Dailymotion


Ils sont .

Jean-Pierre Lentin vient de prendre du repos. On pense aussi à son vieux pote Jean-François Bizot.

Notre bon ami Andrew nous a bien fait rire en commentant notre appel au boycott du concert de Dweezil Zappa. Does humor belong to the ZFT ?

Séguéla, suite : après le tango de la Rolex, le cha-cha-cha des couilles molles.

10 mars 2009

Pendu à un réverbère

Croquis entièrement réalisé à la main pour notre amie Ossiane, à qui nous suggérons humblement une petite dose de houblon tous les soirs avant le coucher (contre l'anxiété) et une écoute quotidienne et matinale de Shall We Take Ourselves Seriously (pour le sens de l'humour).



Une tendance se dessine. Un truc pour
Séguéla, ça.
Voir aussi ici-bas.

05 mars 2009

Stop au harcèlement judiciaire !

Caniche enragé : Sanzini Ze Younger

Débouté de sa première attaque, le ZFT dépose une nouvelle plainte contre la Arf Society.
Nous appelons au boycott du concert de Dweezil Zappa le 18 mai à l'Olympia.


La plainte était pendante, nous le savions. Elle a fini par s'écraser méchamment sur le bureau de l'avocat de la Arf Society et les limites du tolérable sont dépassées. En 2006, pour la Zappanale 17, l'artiste Daniel Rohr avait présenté un spectacle dans lequel il interprétait en allemand des chansons de Zappa. On appelle ça de la "traduction non-autorisée". Six minutes de sa prestation sont incluses dans un dvd qui, comme chaque année, commémore le festival. Le dvd de la Zappanale 17 a été vendu à 104 exemplaires. Pour non-respect des droits d'auteur, le Zappa Family Trust (ZFT) réclame 100 000 euros de dédommagement - 1000 euros par disque, donc - ainsi que le pilonnage des dvd restant.

L'acharnement judiciaire dont fait preuve le ZFT envers la Arf Society ne relève pas selon nous d'une gestion sereine et avisée de la défense des intérêts artistiques de Frank Zappa. La Zappanale n'est pas une entreprise mercantile – quiconque a assisté au moins une fois au festival le sait – et jamais Wolfhard Kutz, son fondateur, n'a abusé de sa position d'organisateur. Dans le cas présent, même une application stricte de la législation sur les droits d'auteur, si d'aventure elle est possible, est absurde – 100 exemplaires !!! En conséquence, de manière à manifester une solidarité totale avec nos confrères allemands ainsi que notre détermination à défendre le travail incontestable réalisé par les organisations, les artistes et les écrivains qui assurent, souvent dans un grand dénuement, la postérité de l'œuvre de Zappa, nous appelons à boycotter le concert que donnera le groupe de Dweezil Zappa, Zappa Plays Zappa, le 18 mai à l'Olympia, à Paris. Rien à ajouter sur cette bien triste affaire.

Nous confirmons le concert des Peach Noise le vendredi 27 mars sur la péniche Antipode à Paris. Le répertoire du groupe sera renouvelé. Ne manquez pas une nouvelle occasion d'apprécier la virtuosité et l'inspiration du gang des Alsaciens.

Le camarade Darol fête en beauté l'arrivée de sa petite Zelda. La réédition revue et augmentée de son premier ouvrage sur Zappa, le plus enthousiasmant, est disponible en librairie. Couverture impeccable, d'un noir et rouge tranchant. Très belle bibliographie – mais qui sont ces zappologues espagnols qui ont débarqué ces dernières années ? Merci Guy pour l'espace prestigieux accordé aux Fils De l'Invention en fin de volume.

Signalons enfin la sortie d'un nouveau cd du groupe Fattore Zeta. Les Italiens interprètent Zappa sur un mode exclusivement jazz et leur concert de la Zappanale d'août dernier, par une belle après-midi ensoleillée, fut un ravissement.