26 janvier 2009

Changement de braquet

Nicolas Mingot, Charly Doll et Léonard Le Cloarec.
A la basse, Philby Brunelli, et au vibraphone, Benoît Moerlen.

Photos David Coiffier.

Chauffé à blanc le fer devient souple. Un jeune fan nous livre les réflexions que lui a inspiré le concert des Peach Noise vendredi 23 au Dansoir Karine Saporta :

La batterie est le moteur puissant qui emmène la machine.
La basse est le balancement de la locomotive.
Le saxophone est le vent. Le sifflement du train aussi.
Le vibraphone est le croisement d’un autre train.

La guitare est l’entrée dans une nouvelle gare.

Le tout est une sauvage machine de fer à voyager dans les tympans.


Sous la rudesse de l’acier, un nouveau paysage sonore apparaît. On croît connaître la direction empruntée. Mais bien vite, le train fou prend des virages inattendus et, cramponnés à la fenêtre, nous admirons des lacs, des forêts et disons-le, des sommets insoupçonnés et délicats. Peach Noise part à la découverte de la planète Zappa en empruntant un sens inconnu, mais pas interdit, qui n’aurait pas déplu au Chef de Gare.


Zanzini Ze Younger

Une nouvelle date devrait être annoncée bientôt, pour mars ou avril.

By the way : Gail Zappa a perdu son procès contre la Zappanale.

21 janvier 2009

Premières informations sur la Zappanale 20


Etienne Gaillochet et son groupe We Insist joueront en août à Bad Doberan. Etienne vient de se diversifier en un duo de rock parisien déjanté, les Zarboth, qui se produira jeudi 22 au Triton.

Notre confrère Peter vient de publier sur son blog une première liste des groupes qui participeront à la Zappanale du 14 au 16 août. Les fans allemands qui, des sanglots dans la voix, nous avaient raconté l'éblouissante prestation nocturne des Children of Invention en clôture de l'édition 2002, de minuit à 4 heures du matin, apprécieront le grand retour des Niçois. Est également programmé le groupe d'un certain Terry Bozzio, qui serait américain.

19 janvier 2009

Nicky's such an asshole















Chez Aris, jeudi 15 janvier.

Nous apprenons ce matin que le gouvernement a passé en loucedé, mercredi 24 décembre, un décret autorisant les laboratoires pharmaceutiques à parrainer les émissions de télévision. A quand l'arrivée des télévangélistes sur France 2 tous les matins ? A quand le retour, par décret, des juridictions d'exception? A quand les premiers camps de réinsertion ? L'air devient irrespirable, il faut commencer à songer à aérer.

15 janvier 2009

Les Peach Noise remettent le couvert !
























Signalons au passage l'existence de Frank Zappa's Jukebox, un roboratif florilège de la musique qui a flatté l'oreille du jeune Frank, mêlant adroitement musique sérieuse (Varèse, Webern, Stravinsky), jazz (Eric Dolphy, Cecil Taylor) et une sélection explosive de morceaux de doo-wop, blues et rhythm & blues. L'ensemble est succulent, seul le choix d'une version passablement approximative de Ionisation, le tube d'Edgar, d'une qualité sonore par ailleurs médiocre, gâche un peu la dégustation. Mais
Louis Louie, quel régal !

Signalons également la naissance du blog de notre confrère Peter Van Larrhoven, accessible depuis son incontournable site United Mutations.

Allez, pour la route, une petite thèse debordienne :
  • Cette époque, qui se montre à elle-même son temps comme étant essentiellement le retour précipité de multiples festivités, est également une époque sans fête. Ce qui était, dans le temps cyclique, le moment de la participation d’une communauté à la dépense luxueuse de la vie, est impossible pour la société sans communauté et sans luxe. Quand ses pseudo-fêtes vulgarisées, parodies du dialogue et du don, incitent à un surplus de dépense économique, elles ne ramènent que la déception toujours compensée par la promesse d’une déception nouvelle. Le temps de la survie moderne doit, dans le spectacle, se vanter d’autant plus hautement que sa valeur d’usage s’est réduite. La réalité du temps a été remplacée par la publicité du temps.

09 janvier 2009

Nothing can stop us

Tablier Hiroko Le Tohic, photographie le Fils Vosgien.


Le gars qui fait le mariolle en tenant un tablier de jeune créateur, c'est notre pote Dominique Jeunot. Il y a deux semaines, cela faisait quatre ans qu'il avait décidé de prendre du champ. Par les temps qui courent (vers où exactement ?), ses talents de polémiste auraient fait merveille. Il nous manque.


Les sociétaires ainsi que les compagnons de route de l'association Les Fils De l'Invention sont convoqués à
une réunion de rentrée de cadrage

le jeudi 15 janvier

chez Aris

115 rue Oberkampf, Paris 11

à partir de 20h30


Le gros morceau de l'ordre du jour sera l'organisation de notre déplacement à Bad Doberan pour la vingtième édition du festival la Zappanale, du 12 au 17 août 2009.
Le lancement des C
ahiers de Zappologie sera également abordé.
On évoquera un développement éventuel de notre activité d'organisateur de spectacles.

L'événement le plus singulier de la fin de l'année dernière (selon le calendrier grégorien) aura été l'arrivée inattendue mercredi 24 décembre du nouveau cd de notre ami zappologue Andy Hollinden. On peut sortir terrassé d'un grand Neil Young – allez, disons "Comes a time" de 1978 – et c'est grosso modo l'effet qu'a provoqué chez nous l'écoute de "Grieve For The Living" ("Pleurez les vivants ! "). Véritablement, un fleuron de la grande chanson rock américaine.

La lecture du numéro de décembre de The Arf-Dossier, l'organe papier de la Arf Society, nous a appris la triste nouvelle de la disparition de la strip-teaseuse Annie Ample au début de l'année 2008. Zappa avait réclamé Annie pour interpréter Rhonda dans la version de "Thing-Fish" qu'il avait imaginée pour le numéro d'avril 1984 du magazine américain Hustler. La poitrine d'Annie autait été, à une époque, assurée un million de dollars.

Le journaliste Alain Dister a pris l'année dernière pas mal de recul lui aussi. Saluons ici celui qui fut le premier en France à publier un livre sur Zappa, toujours parfaitement lisible, et qui aura également été un excellent photographe de la scène rock.


En novembre 1967, chez Buchet-Chastel, Guy Debord crachait La Société du spectacle à la gueule de ses contemporains hébétés. Il ne nous semble pas flagrant que le niveau d'hébétude généralisée ait sensiblement baissé depuis la publication de l'ouvrage, qui reste d'une vivifiante actualité, comme une récente relecture familiale nous l'a confirmé. Tiens, par exemple, la thèse 67 :
  • La satisfaction que la marchandise abondante ne peut plus donner dans l’usage en vient à être recherchée dans la reconnaissance de sa valeur en tant que marchandise : c’est l’usage de la marchandise se suffisant à lui-même ; et pour le consommateur l’effusion religieuse envers la liberté souveraine de la marchandise. Des vagues d’enthousiasme pour un produit donné, soutenu et relancé par tous les moyens d’information, se propagent ainsi à grande allure. Un style de vêtements surgit d’un film ; une revue lance des clubs, qui lancent des panoplies diverses. Le gadget exprime ce fait que, dans le moment où la masse des marchandises glisse vers l’aberration, l’aberrant lui-même devient une marchandise spéciale. Dans les porte-clés publicitaires, par exemple, non plus achetés mais dons supplémentaires qui accompagnent des objets prestigieux vendus, ou qui découlent par échange de leur propre sphère, on peut reconnaître la manifestation d’un abandon mystique à la transcendance de la marchandise. Celui qui collectionne les porte-clés qui viennent d’être fabriqués pour être collectionnés accumule les indulgences de la marchandise, un signe glorieux de sa présence réelle parmi ses fidèles. L’homme réifié affiche la preuve de son intimité avec la marchandise. Comme dans les transports des convulsionnaires ou miraculés du vieux fétichisme religieux, le fétichisme de la marchandise parvient à des moments d’excitation fervente. Le seul usage qui s’exprime encore ici est l’usage fondamental de la soumission.
Au 7 janvier dernier, les camarades Julien Coupat et Yldune Lévy du Comité (vaguement) Invisible étaient toujours en prison. Détournant Debord, on pourrait commencer à esquisser le concept de terreur intégrée.
C'est pour rire, bien sûr. Pour le spectacle.