Nous serons à Barcelone le 21 mai pour assister au concert du Filthy Habits Ensemble.
Animée par le compo-siteur et saxophoniste El Pricto, cette formation rassemble pas moins de quatre souffleurs et proposera une sélection d'instrumentaux inter-prétés dans le style de l'album "Orchestral Favorites". Le concert sera illustré par le vidéo-dj VjMongo, qui a conçu un mix incluant beaucoup d'extraits des travaux de Cal Schenkel et Bruce Bickford. Le "music office" Arco Y Flecha, qui accompagne en Espagne une belle brochette de musiciens de jazz et du rock d'avant-garde, est à l'origine du projet et ses responsables ne comptent pas en rester là. Nous espérons profiter de cette présence en Catalogne pour rencontrer les zappologues Manuel de la Fuente Soler et Nando Caballero. Il serait également intéressant d'entrer en contact avec Luis G, le boss du label de Valence Hall of Fame Records, qui vient de publier les huitième, neuvième et dixième volets de sa série Unmatched d'hommage des rockers espagnols à Zappa. La dixième livraison a été entièrement conçue par Caballero Reynaldo, une pointure de là-bas.
Samedi 21 mars, à la maison de Radio-France, nous avons enduré une interprétation désolante de The Dangerous Kitchen. Jamais la soprano Ana Maria Labin n'a approché, de près ou de loin, le Sprechgesang moqueur de Zappa, et sa prestation oscillait plutôt entre les vocalises de l'opérette et les mimiques du café-théâtre. Les stupides autant que médiocres arrangements "à la Synclavier" qu'on lui avait concocté en fond sonore ne pouvaient pas arranger l'affaire – rappelons que dans la pièce originale, ce sont de vrais musiciens qui jouent derrière Zappa et que, loin d'être synthétique, l'accompagnement est très charnel. Bref, le contre-sens était total. Plus généralement, ce flop pose une nouvelle fois la question de savoir si toutes les pièces de Zappa sont réellement interprétables. On se souvient en effet d'un pénible Greggery Peccary dirigé en 2004 par Peter Eötvös, dans cette même salle Olivier Messiaen.
Ce ratage venait à la suite d'un consternant hommage au rock progressif imaginé et dirigé par René Bosc, le directeur artistique du festival Présences 2008-2009 qui s'achevait ce week-end là. Qui a envie d'entendre Close To The Edge de Yes glapi par la maîtrise de Radio France et illustré par une vidéo niaiseuse et prépubère ? Fut un temps où les musiciens de rock se ridiculisaient en composant de la musique dite classique – on pense irrésistiblement à Jon Lord et Rick Wakeman. Aujourd'hui, c'est l'inverse : complètement à court d'idées, nourris dès leur plus jeune âge à la mélassse post-moderne – pour eux, Jonny Greenwood est un héros –, les p'tits gars en baskets de la musique savante imaginent duper leur public en récupérant la variété rock internationale. Comme il se doit, pour une grande part, ils y parviennent.
Soyons justes : ces deux après-midi d'immersion dans la musique sérieuse – car nous étions de retour sur zone le lendemain dimanche – nous ont également offerts de bons moments. Par exemple, le Frankenstein !! rigolo du compositeur suisse H.K. Gruber, composé à la fin des années 70, ou bien l'inquiétant Et je reverrai cette ville étrange du canadien Claude Vivier, poignardé à mort par un amant éventuel en mars 1983 à Paris. Le festival fut conclu en beauté par l'ensemble de percussions Sixtrum de Montréal, qui nous cloua au siège avec un putain d'extrait de 12 minutes des Pléiades de Iannis Xenakis, un jeune Grec qui monte, surtout depuis 2001.
Bonne nouvelle : nous apprenons que le Nasal Retentive Orchestra va bientôt reprendre le chemin des stades… pardon, des centres d'action culturelle. Son fondateur, Christophe Delbrouck, ne sera pas de la partie et, plutôt que de proposer un nouveau spectacle Zappa, les autres membres du groupe, qui ne manquent pas d'idées, pour le coup, se sont lancés dans l'écriture d'une espèce de comédie musicale. L'histoire tristement banale d'un rat pas comme les autres, bleu, qui, tout d'abord exclu, puis intégré par la mafia, finira, avide de pouvoir, par se perdre dans la politique. Premiers concerts à la fin de l'année.
Autre bonne nouvelle : George Duke se produira au Bataclan le
lundi 25 mai. Nous envisageons d'organiser une fête en son honneur et vos idées sont les bienvenues. Son dernier album, "Dukey Treats", sorti en août 2008, est certainement le meilleur qu'il ait réalisé depuis longtemps. We love you, George.
lundi 25 mai. Nous envisageons d'organiser une fête en son honneur et vos idées sont les bienvenues. Son dernier album, "Dukey Treats", sorti en août 2008, est certainement le meilleur qu'il ait réalisé depuis longtemps. We love you, George.Peach Noise joue ce soir à Paris, ne manquez pas les débuts au chant de Léonard Le Cloarec.
Julien Coupat a entamé le 16 mars son cinquième mois de séjour en prison, sans que rien ne soit toujours retenu contre lui.
2 commentaires:
Bon jour, nos vemos en Barcelona!
Nando
nandocaballero@gmail.com
615306297
necesidad de comprobar:)
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