09 janvier 2009

Nothing can stop us

Tablier Hiroko Le Tohic, photographie le Fils Vosgien.


Le gars qui fait le mariolle en tenant un tablier de jeune créateur, c'est notre pote Dominique Jeunot. Il y a deux semaines, cela faisait quatre ans qu'il avait décidé de prendre du champ. Par les temps qui courent (vers où exactement ?), ses talents de polémiste auraient fait merveille. Il nous manque.


Les sociétaires ainsi que les compagnons de route de l'association Les Fils De l'Invention sont convoqués à
une réunion de rentrée de cadrage

le jeudi 15 janvier

chez Aris

115 rue Oberkampf, Paris 11

à partir de 20h30


Le gros morceau de l'ordre du jour sera l'organisation de notre déplacement à Bad Doberan pour la vingtième édition du festival la Zappanale, du 12 au 17 août 2009.
Le lancement des C
ahiers de Zappologie sera également abordé.
On évoquera un développement éventuel de notre activité d'organisateur de spectacles.

L'événement le plus singulier de la fin de l'année dernière (selon le calendrier grégorien) aura été l'arrivée inattendue mercredi 24 décembre du nouveau cd de notre ami zappologue Andy Hollinden. On peut sortir terrassé d'un grand Neil Young – allez, disons "Comes a time" de 1978 – et c'est grosso modo l'effet qu'a provoqué chez nous l'écoute de "Grieve For The Living" ("Pleurez les vivants ! "). Véritablement, un fleuron de la grande chanson rock américaine.

La lecture du numéro de décembre de The Arf-Dossier, l'organe papier de la Arf Society, nous a appris la triste nouvelle de la disparition de la strip-teaseuse Annie Ample au début de l'année 2008. Zappa avait réclamé Annie pour interpréter Rhonda dans la version de "Thing-Fish" qu'il avait imaginée pour le numéro d'avril 1984 du magazine américain Hustler. La poitrine d'Annie autait été, à une époque, assurée un million de dollars.

Le journaliste Alain Dister a pris l'année dernière pas mal de recul lui aussi. Saluons ici celui qui fut le premier en France à publier un livre sur Zappa, toujours parfaitement lisible, et qui aura également été un excellent photographe de la scène rock.


En novembre 1967, chez Buchet-Chastel, Guy Debord crachait La Société du spectacle à la gueule de ses contemporains hébétés. Il ne nous semble pas flagrant que le niveau d'hébétude généralisée ait sensiblement baissé depuis la publication de l'ouvrage, qui reste d'une vivifiante actualité, comme une récente relecture familiale nous l'a confirmé. Tiens, par exemple, la thèse 67 :
  • La satisfaction que la marchandise abondante ne peut plus donner dans l’usage en vient à être recherchée dans la reconnaissance de sa valeur en tant que marchandise : c’est l’usage de la marchandise se suffisant à lui-même ; et pour le consommateur l’effusion religieuse envers la liberté souveraine de la marchandise. Des vagues d’enthousiasme pour un produit donné, soutenu et relancé par tous les moyens d’information, se propagent ainsi à grande allure. Un style de vêtements surgit d’un film ; une revue lance des clubs, qui lancent des panoplies diverses. Le gadget exprime ce fait que, dans le moment où la masse des marchandises glisse vers l’aberration, l’aberrant lui-même devient une marchandise spéciale. Dans les porte-clés publicitaires, par exemple, non plus achetés mais dons supplémentaires qui accompagnent des objets prestigieux vendus, ou qui découlent par échange de leur propre sphère, on peut reconnaître la manifestation d’un abandon mystique à la transcendance de la marchandise. Celui qui collectionne les porte-clés qui viennent d’être fabriqués pour être collectionnés accumule les indulgences de la marchandise, un signe glorieux de sa présence réelle parmi ses fidèles. L’homme réifié affiche la preuve de son intimité avec la marchandise. Comme dans les transports des convulsionnaires ou miraculés du vieux fétichisme religieux, le fétichisme de la marchandise parvient à des moments d’excitation fervente. Le seul usage qui s’exprime encore ici est l’usage fondamental de la soumission.
Au 7 janvier dernier, les camarades Julien Coupat et Yldune Lévy du Comité (vaguement) Invisible étaient toujours en prison. Détournant Debord, on pourrait commencer à esquisser le concept de terreur intégrée.
C'est pour rire, bien sûr. Pour le spectacle.

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